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Des nouvelles…


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Concours n°7 - Conte à Rebours



Le thème de la septième épreuve du genre, intitulée "Conte à Rebours", était le détournement : Il s'agissait, partant de l'idée de base des contes de notre enfance, d'écrire une nouvelle à connotation "policière" en reprenant la trame et en la détournant. Après délibération, seuls quatre des contes parmi les plus connus restaient au programme : Le Petit Chaperon Rouge, Alice au Pays des Merveilles, Peter Pan et Le Petit Poucet.


Gonzalo Rapetou - Rien qu'une Fois



Il faudra bien un jour que l'un de nous deux, Peter, écrive ce qu'il ressent pour qu'enfin les mots soient formulés sinon prononcés à haute voix. Ces mots-sésames, je sais que tu n'auras jamais le courage de les dire. &'agit-il de courage d'ailleurs ? Alors, me voilà, Peter, je viens à ta rencontre, à découvert, mon amour-propre dut-il en pâtir.

Peter, Peter, Peter, on ne peut, c'est certain trouver garçon plus charmant que toi. Lorsque nous sommes ensemble, tu es toujours prévenant et gai, redoublant d'attentions délicates ou de gentilles taquineries. Pour peu que je sois d'humeur morose, ta bonne humeur est comme un baume. Te voilà, léger et souriant à papillonner autour de moi, à recréer un monde de merveilles et d'insouciance afin de chasser mes vilaines pensées. La vie, sembles-tu dire, n'est qu'un jeu, une comédie et il ne faut pas en perdre une miette. Mais tu sais aussi comprendre quand la gravité s'impose. Te voilà alors entièrement à l'affût de mes problèmes, tu m'écoutes intensément, me pose les questions que j'attends et d'autres, qui me déroutent un instant puis font tant de bien. Tes yeux se plongent dans mon regard, furètent, sensibles à l'évolution de mes sentiments que tu sembles déceler à l'intensité de l'éclat des paillettes de mes iris. Dès que les nuages se dissipent, tes yeux débordent de fierté et d'amour.   Oh, ce regard, Peter !&s-tu si bien compris les femmes ? As-tu si bien compris que ce qui nous importe le plus chez vous, ce qui nous réchauffe le ventre, c'est la passion qui empreint votre regard lorsqu'il se pose sur nous ? Quand nous sommes tous les deux ensemble, tes
yeux me disent que je suis la seule, l'unique, ta fée, me promettent tous les bonheurs du monde. Tes yeux sont alors le plus beau miroir inimaginable.

Et puis, et puis, d'autres viennent et tu t'en vas, populaire, faire ton petit numéro. Les femmes te maternent et les hommes te traitent comme un petit frère espiègle et sympathique. Tu ne m'oublies pas, oh non, ton regard complice revient fréquemment vers moi. Et alors je doute et je me demande si tu m'aimes vraiment ou si tu aimes tout le monde ou tout simplement toi, ton personnage et s'il ne manque pas une facette à ton cour. Quand le soir vient, que tu as su recréer entre nous ce climat de douce intimité et de confidences partagées, je crois qu'enfin - ça y est - , tu vas enfin les prononcer ces mots ou alors mettre ta main sur la mienne et la
laisser plus longtemps ou même te décider à m'enlacer avec fougue. Mais non, tu plaisantes, soignes ta sortie, toujours soucieux de plaire, et tu t'en vas. Seul. Comme les autres soirs.

Peter, Peter, je te le demande : grandis ! Montre-toi un homme, essaie au moins une fois ! Tu as quarante ans passés.


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