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Jean-Patrick Manchette Edition poche Edition originale note Jean-Patrick MANCHETTE

Que d'Os !


Edition originale : Gallimard / Série Noire - 1976
Rééditions : Gallimard / Série Noire - Février 1997Edition originale /
Dernière édition poche : Folio Policier - Mai 2000
Autres éditions : Folio - Octobre 1996Edition poche / Folio - 1988Edition poche / Carré Noir - Juillet 1983Edition poche /


Le début…


Les dix premières lignes…

Le téléphone a sonné. J'ai fait un sourire d'excuse et j'ai déclroché.
— Cabinet Tarpon, ai-je dit cauteleusement.
— C'est vous, Tarpon, oui ? Coccioli à l'appareil. Officier de police Coccioli. Vous me remettez, oui (…)

La fin…


Quatrième de couverture…

Pas marrant, le boulot, quand on s’appelle Tarpon (Eugène, Louis, Marie), qu’on est ancien gendarme et détective privé à Paris, France. Jusqu’au jour où il se met à pleuvoir des aveugles en cavale, des Bretons nazis, des Espagnols de l’armée en déroute et des bonzes déchaussés. Là, le boulot devient drôle. Voire mourant.


Un avis personnel…


par Freddie Noon, le 14 septembre 2008

Eugène Tarpon, ancien gendarme, enquêteur privé à Paris se voit adresser une cliente par l'officier de police Coccioli, lequel lui a conseillé de prendre l'argent et de ne rien faire. Sa fille aveugle, la trentaine, a disparu depuis un mois. Tarpon, parallèlement sur une affaire de vol dans une pharmacie, commence à enquêter sur cette disparition, reçoit de la visite — la jeune femme a rejoint son amoureux à l'étranger, pour preuve, une lettre en braille —, voit la tête de sa cliente exploser sous l'impact d'une balle dans la Salle des pas perdus de Saint Lazare où elle lui avait donné rendez-vous.
Se retrouvent dans ce second opus des aventures de Tarpon le groupe de personnages constitué dans Morge Pleine. Jean-Baptiste Haymann journaliste à la retraite, et Charlotte Malrakis (alias Memphis Charles) accompagnent dans ses investigations « LE « PRIVE » DEMENT ».
À nouveau, Manchette mêle deux intrigues, leurs époques et leurs background. L'une est un leurre — quoique ce ne soit pas si simple —, mais laquelle : la piste qui mène à un ancien milicien du Parti National Breton (PNB), sensé avoir été tué en 44 par des partisans basques — accessoirement père de Philippine Bigot, la disparue — ; celle de la corruption policière liée à une bande de truands qui semblent liées à la disparition.
Envolée de l'OP sur ce sujet :
« — Écoutez, Tarpon, a dit Coccioli, arrêtez de m'emmerder. Vous ne comprenez pas comment ça se joue. Nous sommes entre policiers, nous sommes entre camarades, il y a des choses... Écoutez, la police fait son boulot ; et puis il y a de petites coteries qui se forment, parce que ce n'est pas toujours un boulot propre, de petites coteries se forment entre des gens qui ont le même cadavre dans le même placard, vous comprenez ça, nom de Dieu ? Et ceux qui sont à l'extérieur de la coterie sont vaguement au courant, et ça ne va pas plus loin, on ne s'occupe même pas vraiment de savoir où commence la coterie et où elle s'arrête.
— De sorte, ai-je dit, que vous ne savez même pas si vous êtes dedans ou dehors, vous personnellement, Coccioli. C'est bien pratique. »


Tarpon accumule les armes, blesse et tue, conduit à contresens sur le périphérique, fait les yeux doux à une femme mariée. La scène finale est à l'image du personnage de Tarpon, et à la hauteur du roman, entre surréalisme et burlesque, à peine croyable et pourtant.
Plus léger, mais non moins amer que ses romans noirs, Que d'Os ! est une perle d'humour — noir —, et si le cynisme de l'auteur s'y fait plus discret, il demeure sous-jacent, mordant.
« Mais alors j'ai précisément saisi l'organe petit et malpropre (il y avait du vin dessus) de Brigneau (c'est-à-dire Minute). J'ai affirmé que j'étais heureux de rencontrer un couple à qui l'organe de Brigneau donnait du plaisir. J'ai prétendu qu'il en était de même pour moi. En parlant, je brandissais le petit organe froissé de Brigneau pour donner plus de force à mes paroles. »

Quant à la langue de Manchette, elle est incomparable, entre argot et registre recherché, sans parler de son utilisation de la négation.
« Je suis revenu à moi et j'ai rigolé. Mes sensations vagaient. J'étais aboulique. J'avais la langue saburrale comme une wassingue sale et le front halitueux. Mes perceptions étaient lacinitées et il me semblait que je baignais dans du galipot. J'étais vachement labile et quand Charlotte m'a eu fait lever, ce n'était ni le pied ni les oaristys, de sorte que j'ai méchamment jaboté et même crié raca sur elle, en titubant comme un ophite. Bref, vous voyez le tableau, et que j'étais camé comme un boeuf. »
Une nouvelle fois Jean-Patrick Manchette est bluffant.

   


Vous avez aimé…


Quelques pistes à explorer, ou pas...

Les autres romans de Manchette.


Du même auteur…


Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.


Laissez Bronzer les Cadavres(en collaboration avec Jean-Pierre Bastid) L'Affaire N'Gustro L'Homme au Boulet Rouge (en collaboration avec Barth Jules Sussman) Nada Morgue Pleine Le Petit Bleu de la Côte Ouest Fatale
La Position du Tireur Couché

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