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Paul Colize Edition originale note Paul COLIZE

Sun Tower


Edition originale : MMS éditions - Juillet 2007
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Le début…


Les dix premières lignes…

L'homme se dirigea vers la porte qui ouvrait sur la terrasse, seule issue qu'il entrevoyait pour se soustraire à la pluie de coups qui s'abattait sur lui.
Jamais il n'aurait dû lui faire confiance. Il savait pourtant qu'il est des hommes que rien n'arrête. Il se maudit de n'avoir pris aucune précaution, d'avoir accordé son jour de repos à François, de n'avoir gardé aucune arme à portée de main. En son for intérieur, il pesta aussi contre son excès de poids, sa déplorable condition physique et ses muscles atrophiés qui l'empêchaient à présent d'opposer la moindre résistance (...)

La fin…


Quatrième de couverture…

Prenez un type banal et moite d'environ 1,70m. Détaillez-le dans sa médiocrité puis dorez à l'empathie. Pensez à flatter son ego avant de l'embrouiller dans la salade ou à la feuille de chou. Plongez-le à vif dans une histoire trop grande pour lui.
Regardez-le gigoter gauchement, par instinct de survie. N'oubliez pas de retourner régulièrement la situation. Réduisez le jus de cuisson en ajoutant une bonne dose de cynisme et d'humour noir. Servez dans un panier à crabes, en noyant le sujet dans sa sauce.
Le résultat ravira vos invités.


Un avis personnel…


par Patrick Galmel, le 06 juillet 2007

Laurent Battard, directeur d'une succursale de vente de canapés, la trentaine roublarde, a commis il y a quelques années un modeste polar qui a connu les joies de l'édition — c'est vrai que coucher avec la fille de l'éditeur, ça aide. Quatre cents exemplaires imprimés, cinquante-trois effectivement vendus...
Aussi est-il plutôt étonné lorsqu'un célèbre avocat bruxellois, en référence à sa prose passée, lui propose, contre une somme plus que rondelette, d'écrire la biographie de son client. Laurent Battard est surpris, mais vu l'état de son portefeuille, il ne cracherait pas sur un peu de beurre pour ses épinards. Il finit par accepter la proposition ; même si, étrangement, l'avocat semble tout connaître de sa vie ; même si le personnage central de cette biographie croupit en prison pour meurtre...

On entre dans ce récit de façon légère, un sourire aux lèvres devant la situation qui est faite à Laurent Battard, devant le personnage même. Il faut dire que le pauvre souffre d'hyperhidrose... En clair, il sue. Abondamment même, à la moindre contrariété, ou en cas d'émotion intense. Ça n'a rien d'amusant — surtout pour lui — mais ça donne ce piquant réjouissant à certaines des situations décrites.
Laurent Battard n'est pas un héros. Il traîne sa vie de célibataire entre pizza et vidéo quand il ne vend pas des canapés avec tout le cynisme qu'impose ce "dur" métier, ou se sort lâchement des eugueulades que lui assène son patron.

Bientôt, une ride se dessine sur le front quand un peu de gravité pointe son nez et que le personnage de Max Tollet (sujet de la biographie) apparaît. Grand patron arrogant, symbole de réussite clinquante, de libéralisme triomphant, d'argent roi, tombé de son piédestal doré jusque dans les culs de basse fosse pour avoir éliminé radicalement un des ses concurrents, et qui semble avoir retrouvé là des valeurs oubliées : ses enfants. C'est à eux qu'il destine le texte que Laurent Battard doit rédiger. C'est à eux qu'il veut expliquer le piège de l'argent dans lequel il est tombé :
"Une histoire qui a pour seule ambition de permettre à chacun, surtout à mes fils, Nicolas et Kevin, de comprendre que l'argent est une machine, une machine implacable, une machine capable de briser un être humain, n'importe quel être humain, quelles que soient ses qualités, ses valeurs, ou sa force de caractère."

Laurent commence ses entretiens avec Max Tollet, qui n'a rien perdu de son charisme, mais devant le secret qui entoure cette entreprise, il sent bien que l'accord n'est pas parfait entre l'avocat et son client, au point de se demander qui, finalement, mène la danse.
Quand les visites aux prisonniers sont interrompues, rendues impossibles pour un motif inconnu, il décide de se rendre à Monaco, là où Max Tollet est censé avoir défenestré son rival, et d'enquêter sur les circonstances du drame. Censé arriver là-bas incognito, il est cependant contacté par une jeune journaliste, Annabelle, qui a couvert le dossier pour la presse locale.

L'affaire n'en restera pas là... Et c'est en duo que désormais les découvertes vont se faire.
Paul Colize nous plonge dans le milieu des affaires, des magouilles financières, des arrangements, des trahisons, qui n'ont rien à envier à ceux de la mafia. Les grands marchés internationaux ne s'obtiennent pas à la légère. On est là dans un monde de requins, de requins tueurs !.. Et Laurent et Annabelle ne démêleront cet imbroglio qu'au prix de nombreux dangers.
Paul Colize rythme son récit par de courts chapitres (dont chacun emprunte son titre à un film ; c'est une véritable cinémathèque). L'écriture est soignée, légère, avec toujours cette pointe d'humour prête à jaillir. L'auteur sait garder intacte toute l'attention de son lecteur en l'abreuvant régulièrement de rebondissements, de glissements, tout en conservant la cohérence de son intrigue. Les personnages, attachants, sont crédibles et suffisamment "typés" pour qu'on ne les oublie pas. À ce titre, Annabelle, en furie dévastatrice, est impeccable et redonne un peu de ses titres de noblesse au métier de journaliste.

À partir d'un sujet grave, Paul Colize construit de fait un roman rebondissant et frais.
Au cinéma, on aurait dit une comédie dramatique enlevée. D'ailleurs, il y a ici beaucoup à voir avec le cinéma — les titres de chapitres, la passion du narrateur, et même le découpage en scènes "prête à filmer", la construction. On croirait presque lire un scénario...
Je ne sais pas comment on le qualifierait en littérature. Pourquoi n'y a-t-il pas de comédies en littérature ?..

   


Vous avez aimé…


Quelques pistes à explorer, ou pas...

Une précision, mais d'importance, pour vous procurer ce roman : le site des éditions MMS qui, seul, est habilité à diffuser l'œuvre.
Les romans de Paul Colize sont tous d'une grande qualité de style. Laissez-vous faire.
Un style, une ambiance, un humour qui ne sont pas sans rappeler ceux d'un certain William Lashner.


Du même auteur…


Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.


Les Sanglots Longs Le Seizième Passager Clairs Obscurs La Troisième Vague Le Baiser de l'Ombre Le Valet de Cœur (Quatre Valets et une Dame) Back Up

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