Choisissez votre syle :  noir  -  sepia  -  clair

Ludo Sterman Edition originale note Ludo STERMAN

Dernier Shoot pour l'Enfer


Edition originale : Fayard Noir - Avril 2012
Rééditions :
Dernière édition poche :
Autres éditions :


Le début…


Les dix premières lignes…

Enfin la consécration. J'y avais droit, j'avais bossé pour. Une année entière vouée à la biographie d'Angel Novella, peut-être le plus grand sportif que la France ait jamais connu. Le plus adulé, en tout cas. Grâce à lui, on avait gagné la Coupe du monde de football en 1998, puis l'Euro en 2000. Devenu l'idole des foules et des médias et l'une des personnalités préférées des Français, Novella avait relégué aux oubliettes de l'histoire les autres champions que le sport nous avait donnés. Il avait eu beau ruiner, par un geste inconsidéré en finale qui avait conduit l'arbitre à l'exclure du terrain, l'espoir d'une nouvelle victoire au Mondial en 2006, tout lui avait été pardonné, même sa disparition trop soudaine, quelques jours seulement après le match (…)

La fin…


Quatrième de couverture…

« Cette information est une bombe. Après plusieurs mois d’enquête, témoignages à l’appui, nous sommes en mesure de révéler que le titre de champion du monde de football 1998 a été remporté par la France à la faveur d’un dopage organisé. »

Étoile montante du journalisme sportif, Julian Milner ne s’attendait pas à ce que sa biographie d’Angel Novella provoque un tel séisme. Ni à ce que sa vie bascule.
Disparu trop tôt, Novella était un héros que rien ni personne n’avait jamais remis en cause. Surtout pas Julian. Jusqu’à ce que Sébastien Peyron, vainqueur du titre lui aussi, se donne la mort…
Milner renoue alors avec les fondamentaux de son métier : enquêter, pour dire la vérité. Quoi qu’il lui en coûte.


Un avis personnel…


par Patrick Galmel, le 09 juin 2012

Julian Milner est un jeune journaliste sportif qui s'offre une réputation pour avoir rédigé, sur commande, une biographie d'Angel Novella, la star du foot ; celui qui fit gagner la France en Coupe du monde en 1998 — « Et un, et deux, et trois zéro ! » — puis la Coupe d'Europe en 2000 ; celui du coup de boule en 2006… La star incontestée, adulée, même après sa disparition tragique quelques jours après cette finale ratée.
Dix ans après l'apothéose, un petit rayon de la gloire du sportif le plus célèbre de France arrosait Julian, le consciencieux zélateur.
Le lendemain de la sortie officielle de son bouquin, Milner apprend que Sébastien Peyron, ex-co-équipier de Novella qui avait mis fin à sa carrière après l'Euro 2000, vient de se suicider. On lui demande de rédiger un nécro-hommage…

Ludo Sterman est journaliste sportif — un ancien de l'Équipe, le quotidien de référence du sport français — sportif accompli lui-même, on peut donc considérer qu'il connaît son sujet et que, quelque part, il aime le sport en général et les "valeurs" qu'il est censé défendre.
Malheureusement, on sait tous que la professionnalisation des sportifs, que l'afflux de l'argent dans ce petit monde, que le business qu'il a généré, n'ont rien apporté de bon à la pratique sportive. L'important n'est plus (si tant est qu'il l'ait jamais été) de participer, mais de gagner, d'être le plus fort, le vainqueur, celui qui récolte les honneurs et les marchés. L'ultralibéralisme décliné sur le terrain, dans les vestiaires, et dans les arrière-cours…

Ludo Sterman s'attaque à un mythe que dès les premières lignes chacun peut identifier : Zinedine Zidane. Mieux, dès les premières pages il en fait un homme mort, parti toucher le ballon dans les nuages en pleine gloire. Cet assassinat en règle qui nous plonge ipso facto dans la fiction lui permet de revenir sur le monde du foot tel qu'il fut organisé, agencé, pour toucher le saint Graal, la Coupe du monde.
Ce que sans doute le journaliste n'a pas réussi à faire passer dans ses articles, le romancier peut se la permettre dès lors que Zidane n'est plus Zidane, mais Novella ; un illustre inconnu.
Ainsi c'est tout l'enchevêtrement des intérêts mis en jeu qui est démonté par Ludo Sterman. Il n'évoque pas le jeu en lui-même mais tout ce qui se trame dans les vestiaires, dans les salons, dans les laboratoires, au sein des instances dirigeantes. Il est fait état de l'argent des sponsors, de leur quête de résultats, du rendement en terme d'image quitte à employer des moyens que la morale réprouve. Novella a fait ses classes en Italie, il y a appris l'art du dopage organisé, personnalisé, et a participé à importer ces méthodes en France. Il a vu aussi les flots d'argent qui en découlait.
Lorsque la France devient le pays organisateur de la Coupe du monde, chacun se dit que le temps est venu de la gagner. Et chacun fermera les yeux, oubliera de dire non, pour connaître enfin la griserie de la victoire. Et tant pis pour ceux qui crient à la tricherie.
Si le dopage et l'argent sont au cœur du récit de Ludo Sterman, il montre aussi les effets secondaires et inquiétants de la pharmacologie employée ; il montre aussi que tous les acteurs sur le terrain ne profitent pas équitablement des sommes et contrats récoltés. On peut être une équipe et la jouer un peu perso…

Au final, Dernier Shoot pour l'Enfer est une docu-fiction efficace qui s'attaque à ce qu'un journaliste d'investigation ne peut plus se permettre, brimé par les mêmes sponsors qui poussent au dopage et achètent de pleines pages de publicité dans les journaux sportifs. C'est bien écrit, vivant, rythmé, documenté, et devrait apporter (on peut toujours rêver) de quoi bousculer le calme olympien et le sourire angélique d'un des meilleurs footballeur de tous les temps.

   


Vous avez aimé…


Quelques pistes à explorer, ou pas...

Autour du foot, on peut citer l'hommage de David Peace rendu à Brian Clough dans 44 Jours : the Damned United ; ou encore le Kop de Dominique Manotti, sur les clubs de supporters.

Choisissez votre syle :  noir  -  sepia  -  clair

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.  - Pour nous contacter : contact@polarnoir.fr