Choisissez votre syle :  noir  -  sepia  -  clair

Bill Pronzini Bill PRONZINI


Bibliographie non exhaustive… Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.


Le Coup Tordu Qui Traque-t-on ? Où es-tu Militaire ? Fausse Clé Mon Pote le Vendu Prière d'Incinérer Une Mine Épatante
Le Crime de John Faith

Biographie…


Biographie préparée par Caroline

Bill Pronzini naît le 13 avril 1943 à Petaluma en Californie. Études, petits boulots (journaliste sportif, employé de bureau, assistant d'un marshall), il débute dans l'écriture par le biais des nouvelles. Sa première sera publiée en 1966 (You Don't Know What It's Like) dans le Shell Scott Mystery Magazine.
Il écrira des romans érotico-pornographiques, de la science-fiction et des westerns avant de se consacrer essentiellement au polar. Son premier roman, The Stalker (Qui Traque-t-on ?), sort en 1971.
Bill Pronzini se lit aussi sous divers pseudos (Jack Foxx, Aston Marlowe ...) et dans l'écriture à quatre mains (par exemple avec l'auteur de SF Barry Malzberg ou sa femme Marcia Muller, elle aussi auteur de polar renommée).
C'est dans son deuxième opus The Snatch, qu'il introduira le fameux Nameless (le détective sans nom), qui deviendra le personnage principal de trente autres romans.
"Il n’a pas de nom car quand j’ai commencé la série, je ne pouvais pas en imaginer un qui lui convienne, probablement parce que de toute façon il est moi, et je n’ai aucune envie de me renommer moi-même.

Amoureux des livres, il ne fait pas qu'en écrire ; il les lit, les collectionne et les édite.
Il possède environ trois mille magazines de "pulps" qu'il affectionne et contribue à faire vivre en les rééditant dans des anthologies. Cette part non négligeable de son travail se retrouve dans 1001 Midnights et Gun in Cheek.
Bill Pronzini est l'auteur de pas moins de soixante-quinze romans écrits entre 1971 et 2007 (date de sortie de la trente et unième aventure de Nameless). On peut découvrir une autre de ses séries, le tandem de détectives Sabina Carpenter et John Quicannon, évoluant dans le San Francisco de 1890 (Une Mine Épatante, paru à la Série Noire en 1986). Cependant, beaucoup de ses romans n'ont pas été traduits en France et sur l'ensemble, peu se trouvent en vente à l'heure actuelle dans les librairies.
Restent les bouquinistes...

Lire l'interview de Bill Pronzini


Un commentaire supplémentaire…


par François Cariou, le 11 mai 2007

Bill Pronzini, De l'humain dans le noir

Dans une interview, Jean-Bernard Pouy affirme avec humilité que l’une de ses fiertés d’écrivain est que ses livres se trouvent placés, dans une bibliothèque polar, à côté de ceux de Bill Pronzini. Ne connaissant pas cet écrivain et appréciant Pouy, ces propos m’ont poussé à m’intéresser à cet auteur, à lire ses romans et à découvrir de véritables bijoux.

Bill Pronzini est né en 1943. Dès la fin des années 60, il publie des romans populaires de tout genre, polars, westerns, assez médiocres, avouera-t-il. Peu à peu, son écriture s’affinera et ses romans gagneront en qualité, notamment grâce à un sens aiguisé de l’observation de ses contemporains et du monde qui les entoure. Il créera un personnage récurrent, "Nameless", le détective sans nom (on sait juste qu’il est d’origine italienne). Un alter ego de l’auteur (?), un privé lucide et sans illusions mais qui ne cède jamais au désespoir et au nihilisme.

Au delà des intrigues de ses romans à l’apparent classicisme, Bill Pronzini traite ses sujets de manière particulièrement intéressante et personnelle. À l’inverse de la froideur et du comportementalisme des personnages d’un Jean-Patrick Manchette ou du James Sallis de Drive, Pronzini n’hésite pas à nous immerger dans la psychologie de ses protagonistes. Qu’il s’agisse de Hidden Valley (où un village bloqué par la neige est investi par un trio de malfrats) ou de Le Crime de John Faith (où un homme à l’aspect repoussant vient se balader dans un bled paumé et déclenche passions et hystérie), ce qui importe, c’est ce que l’étranger provoque dans la vie de la communauté, cette somme de destins individuels. Et ces gens, à la fois attachants et repoussants, cachent sous leur apparente normalité, des trahisons, des désillusions, des amours inavoués, des jalousies de tous ordres, des rêves d'ailleurs, des secrets de famille et nombre d’ambivalences. L’intrusion de "l’alien" au cœur de ce maelström de passions et de sentiments enfouis déclenchera des drames et révélera les individus.

Dans Le Carcan, (roman mettant en scène "Nameless"), Pronzini réussit à nous tenir en haleine cent pages durant, en faisant penser et agir comme il peut son détective enchaîné seul dans un chalet perdu en montagne sans qu’il ne sache pourquoi (la suite s’apparente à une enquête plus classique mais toujours passionnante). On espère et désespère avec lui, on subit les mêmes désillusions, on se pose les mêmes questions, on reste en totale empathie avec le personnage. Le résultat est vraisemblable, le final est étonnant. Pronzini n’a nul besoin d’artifices scénaristiques pour que ses histoires sonnent justes.
L’humain prime chez Pronzini. Il est toujours traité avec respect et compréhension, y compris les auteurs des pires forfaits.

Dans Tout Fout le Camp, qui est une enquête classique de "Nameless" dans le monde des petites entreprises de San Francisco, Pronzini débarrasse la ville de ses clichés, rues en pente, façades colorées et communauté gay, pour nous plonger dans un Frisco laborieux, dur et attachants. Il retrace le quotidien des bars prolétaires, des travailleurs clandestins, il nous parle d’urbanisation, de la crainte du "Big One" (LE tremblement de terre que craignent tous les San franciscains — le livre a été écrit en 1990, juste après celui de 1989), et Pronzini agit avec sa ville comme il le fait avec ses personnages, avec égard, attachement et justesse.

Bill Pronzini n’est, à priori, pas l’écrivain de livres "coup de poing", du chef-d'oeuvre absolu et définitif. Quand on l’évoque, on parle plutôt de "vieux routier du polar", mais cette formule toute faite (rencontrée plusieurs fois) m’apparaît quelque peu péjorative et réductrice pour un auteur qui, au fil d’une bibliographie, certes pléthorique et inégale, parvient à construire une œuvre personnelle, profondément humaine et populaire. Bill Pronzini n'est pas un faiseur, il est un écrivain.

Cet article a été publié une première fois sur l'excellent blog de Sophie, Au Fil du Noir


Toujours plus…


Quelques pistes à explorer, ou pas…

Les amateurs anglophones apprécieront, entre autre, la bibliographie détaillée de Bill Pronzini qu'on peut trouver sur le site Thrilling Detective.
À noter à la même adresse une page entièrement consacrée au personnage "Nameless".

   

Choisissez votre syle :  noir  -  sepia  -  clair

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.  - Pour nous contacter : contact@polarnoir.fr